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Invités de l'émission"Vous êtes formidables" du 23 mai 2022

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Shuling Liu et Matéo Clausse à la Biennale Homo Faber – Venise 2024

Conférence au Musée Le Patiau - Céramique politique.

Dans le cadre de la fête des Lises à Saint-Jean-la-Poterie, nous avons été invités à raconter la genèse de notre pièce Dabai Xiexie ni.

L'ensemble de la conférence n'a pas été enregistrée par la captation audio.

En introduction nous avons retracé notre parcours d'artistes qui nous a amenés à faire de la porcelaine et à nous orienter vers le domaine funéraire.

Voici donc la suite :

Les images ci-dessous sont celles dont nous parlons durant la conférence. Pour des raisons de sécurité, nous ne pouvons pas les diffuser toutes. Merci pour votre compréhension.

En tant que professionnels du funéraire, de nombreuses questions nous sont posées.

Elles sont légitimes mais la retenue que l'on a face à la mort les empêchent bien souvent d'être formulées.

 

Si vous vous interrogez également, n'hésitez pas à nous envoyer vos questions :

 

 

 

 

Nous partageons également les curiosités et les belles initiatives que nous rencontrons.

Le dernier objet : quand les mots ne suffisent plus

09/09/2026

Le dernier objet : quand les mots ne suffisent plus

Lorsqu’un décès survient, les familles doivent choisir vite : une urne funéraire, un cercueil, des fleurs, un capiton, etc … une cérémonie entière. Dans ce moment de trouble, il est tentant d’accepter ce qui est proposé par défaut. Pourtant, ces objets ne sont jamais de simples fournitures. Ils accompagnent le dernier geste, celui que l’on pose pour une personne aimée.

Un choix impersonnel peut laisser, plus tard, une peine discrète : celle de ne pas avoir vraiment pris part à l’hommage. Préparer des obsèques, choisir les objets, penser la cérémonie et traverser les démarches administratives font aussi partie du deuil. Les professionnels du funéraire peuvent guider et organiser. Mais ils ne peuvent pas remplacer une famille dans ce qu’elle seule peut transmettre : une mémoire, une attention, une manière juste de manifester son amour et dire adieu.

 

Un objet funéraire n’est pas un simple accessoire.

Le vocabulaire administratif parle souvent d’“accessoires funéraires”. Ces mots sont pratiques, mais ils disent mal ce que ces objets représentent réellement pour les proches.

Une urne funéraire, une fleur en porcelaine, une plaque, un reliquaire ou un objet placé auprès du défunt ne sont pas seulement des éléments d’organisation. Ils deviennent les supports visibles d’un lien. Ils accompagnent un passage, une séparation, une présence, maintiennent un lien.

Le dernier objet compte parce qu’il arrive au moment où les mots manquent. Sa forme, sa matière, sa couleur ou sa sobriété peuvent dire quelque chose que la famille ne parvient pas toujours à formuler.

 

Être acteur de l’hommage.

Dans une période de deuil, il est normal de vouloir déléguer. Les démarches sont nombreuses, les délais courts, les décisions difficiles. Mais tout déléguer peut laisser un sentiment de dépossession.

Choisir un objet funéraire, participer à la préparation de la cérémonie d’obsèques, décider d’une couleur, d’une matière ou d’un détail permet aux proches de reprendre une place active. Ce ne sont pas des décisions secondaires. Ce sont des gestes d’attention.

Il ne s’agit pas de tout maîtriser, ni de transformer l’organisation des obsèques en charge supplémentaire. Il s’agit plutôt de ne pas laisser les choix les plus symboliques être faits à sa place.

 

Le risque des objets standardisés.

Une grande partie des objets funéraires proposés aux familles provient de catalogues industriels. Ils sont conçus pour convenir au plus grand nombre. C’est précisément leur limite : ils conviennent à tous, donc parfois à personne en particulier.

Or un hommage juste n’a pas à être spectaculaire. Il a besoin d’être fidèle.

Un objet sobre, bien choisi, peut évoquer une personnalité, une manière d’être, un goût, une époque, une couleur aimée, un rapport à la nature ou à la matière. À l’inverse, un objet très décoré mais impersonnel peut sembler étranger à la personne disparue.

 

La force de la matière.

La matière joue un rôle important dans l’hommage. Le bois, la pierre, le métal, le carton, le verre ou la porcelaine ne racontent pas la même chose. Chaque matière porte une présence différente.

Dans l’artisanat funéraire, le geste de la main ajoute une dimension particulière. Un objet façonné, décoré ou personnalisé par un artisan n’a pas la même présence qu’un produit standard. Il est porteur du temps, de l’attention dont il a fait l’objet et ses irrégularités éventuelles le rendent vivant.

La porcelaine, par exemple, réunit deux qualités rarement associées : la délicatesse et la durée. Elle peut être fine, lumineuse, fragile en apparence est en fait très résistante et peut traverser le temps. Pour une urne funéraire, un reliquaire ou une fleur en porcelaine, cette tension entre fragilité et permanence prend un sens particulier.

 

Un dernier objet pour ceux qui restent.

Le dernier objet ne concerne pas seulement le défunt. Il concerne aussi les vivants.

Ce sont les proches qui le choisissent, le regardent, le touchent, le déposent ou le conservent. Il peut devenir un point d’appui dans le deuil, un lieu discret un support de la pensée et de la mémoire, une manière de continuer à porter une présence sans la figer.

Il ne console pas à lui seul. Aucun objet ne le peut. Mais il peut éviter une douleur supplémentaire : celle d’un hommage trop vite décidé, trop éloigné de la personne aimée, trop standardisé.

 

Choisir juste plutôt que choisir beaucoup

Le dernier objet n’a pas besoin d’être coûteux, imposant ou très ornementé pour être important. La justesse compte davantage que l’accumulation.

Un détail peut suffire : une forme simple, une couleur précise, une inscription, une fleur, une matière choisie avec soin. L’essentiel est que l’objet ne semble pas interchangeable.

 

Au fond, choisir un objet funéraire, ce n’est pas seulement choisir une urne, une plaque ou un accessoire. C’est poser un dernier geste. C’est prendre le temps de se demander ce qui ressemble vraiment à la personne que l’on accompagne.

Et dans un moment où tout pousse à aller vite, ce temps d’attention est déjà une forme d’hommage.

 

Urgence : 07 88 42 19 91

 

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